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 Emilie Credaro

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AuteurMessage
Lys
La Tartine


Messages : 247
Féminin

MessageSujet: Emilie Credaro   Sam 18 Aoû - 11:18

Emilie Credaro
Interview réalisée par Lys et Lou en juillet 2011



Voici une interview par Lys et Lou d'une guitariste que certains ici connaissent bien, puisqu'elle a animé la colo qu'on a fait ensemble en juillet 2010. Elle s'appelle Emilie Credaro et est très talentueuse, et intéressante !
Nous vous laissons donc lire l'interview qui en apprendra plus sur elle et son métier de musicienne:

D'où vous est venue cette passion pour la musique ?

Mon grand-père est trompettiste, mon père musicien de métier (et aujourd'hui professeur de guitare), ma mère quant à elle a toujours chanté à la maison... L'art en tout genre (et davantage la musique), a toujours eu une place essentielle dans notre famille. Petite je suis très vite tombée sous le charme, cela coule de source

A quel niveau occupe-t-elle votre vie ?

Elle occupe ma vie autant que l'air que je respire, elle est omniprésente, en moi mais aussi à l'extérieur. Sans musique, le monde serait monochrome et sans saveur.

Vous êtes musicienne. C'est à dire ? Vous jouez, composez, faites de la scène... ?

Cela dépend de si l'on en vit ou non.
En ce qui me concerne c'est le cas, et depuis 11 années que j'exerce cette profession, je peux dire que le métier de musicien ne se résume pas en réalité. Ce terme est aussi vague qu' "intermittent du spectacle", et c'est bien souvent pourquoi nous ne sommes pas toujours considérés. "Musicien" regroupe bien des pratiques...

Pour donner un exemple concret, il m'est arrivé lors de concerts de devoir passer derrière la console pour aider à la sonorisation. Je suis également en parallèle de ma vie de musicienne, "intervenante musicale".
Autre exemple, je me suis mise à la M.A.O. (Musique Assistée par Ordinateur) pour pouvoir maquetter mes projets façon "home studio", ce qui demande au début un minimum de budget pour l'achat de matériel, mais qui est bien plus rentable que le coût d'une séance en studio d'enregistrement au final. Cela apporte d'ailleurs davantage de liberté de pouvoir mixer / masteriser ces propres enregistrements soi-même, et c’est très plaisant !

En bref, pour vivre de ce métier, il ne suffit pas d'avoir du talent, je pense qu'il faille surtout, à mon sens et au vu de mon parcours, être curieux, travailleur et ambitieux pour se forger de la manière la plus polyvalente qui soit et devenir ainsi réellement autonome et compétent.

La guitare a-t-elle tout de suite été une évidence pour vous ? Avez vous essayé d'autres instruments ?

J'ai toujours eu un réel penchant pour les instruments à cordes... J'aurai pu choisir le violoncelle, mais ayant commencé la musique petite (à l'âge de 5/6 ans), l'enseignement conventionnel en conservatoire ne me parlait pas le moins du monde. Je me sentais plus attirée par les musiques que l'on nomme aujourd'hui M.A.A. ("Musiques Actuelles amplifiées"), dont le rock, le blues, la folk, le reggae, le funk...

En clair, les musiques qui se ressentent plus physiquement qu'elles ne s'écrivent. Le feeling est pour moi la source de toute sonorité. Le solfège quant à lui, à l'heure actuelle, n'est qu'un atout supplémentaire en tant que guitariste, notamment dans ces registres.

Quels styles de musique écoutez et jouez vous ?

Je suis réceptive à tous les genres, toutes les musiques du monde ont leur place dans mon cœur et mes oreilles. Qu'elles soient traditionnelles ou modernes, savantes ou populaires, il y a du bon partout. Cela dépend après de l'artiste qui la porte, de comme il l'exploite et de la manière dont elle est produite.

Avez vous suivi des formations ? Que vous ont elles apportées artistiquement ? Sont-elles une reconnaissance dans le milieu ?

J'ai suivi deux formations à l'école ATLA - Village des Musiques Actuelles de Paris, sous les conseils de Jean-Christophe HOARAU (directeur pédagogique) que je ne remercierai jamais assez pour tout ce que cette école m'a apporté.

J'y ai d'abord intégré le cycle du "musicien-créateur-interprète", sous dossier conventionné par le conseil régional d’Ile-de-France, puis par la suite celui d' "intervenante pédagogique" dans les mêmes conditions. Ces cursus sont très différents car il s'agit de deux métiers bien distincts (rappelons-le...

Ces formations m'ont été plus que bénéfiques, tant pour la richesse de ce que l'on y trouve "techniquement", que pour les rencontres humaines et artistiques que l'on y fait. Elles permettent d'élargir son propre réseau professionnel, de faire posément le point avec soi-même (parcours et attentes professionnelles...). Elles donnent également davantage de légitimité, en complément de l'expérience que l'on a déjà, dans le métier que l'on exerce.

Concrètement, que faites vous ? Vous jouez en groupe, en solo, faites des duos, enseignez... ?

La liste est longue, mais pour résumer, je suis guitariste soliste et rythmique (toutes guitares), ainsi qu'arrangeuse et compositrice. J'accompagne des artistes de tout horizon sur scène et en studio. C'est mon activité première. Je vais là où l'on m'appelle si le projet me plait.

En parallèle, comme je vous l'explique un peu plus haut, j'ai été amené au fil du temps à m'intéresser à d'autres pratiques, pour le plaisir mais aussi les nécessités que ce métier implique : interprète, compositeur, sur scène, en studio, en passant parfois par la technique (son / lumière) ou encore l'enseignement.
Il ne s'agit pas seulement, la plupart du temps, de pratiquer son instrument, ce métier se vit à travers nombre de "casquettes", variées à souhait, davantage au sein d'autoproductions et/ou de petits labels où l'on doit tous mettre la main à la pâte, quelque soit les compétences requises, si l'on souhaite que les projets évoluent et se concrétisent.
Il faut tenter de toucher à tout, aux multi-instruments par exemple, dans la mesure du possible. Pour ma part je joue également de la basse, du clavier, des percussions, de l'harmonica, et je chante.
C'est indispensable pour des projets qui nécessitent plusieurs instruments lorsqu'on est peu sur scène, par volonté ou autre raison (budgétaire notamment).

A côté de cela, j’enseigne parfois également la musique à travers des cours particuliers et autres interventions musicales.

Comment intégrez vous les groupes dans lesquels vous jouez ?

Cela dépend.
Les relations dites communément "réseau professionnel" y sont pour beaucoup. Le bouche à oreille fonctionne très bien (Quelqu'un avec qui l'on a déjà travaillé qui nous suggère à un autre artiste ou nous appelle pour un remplacement, ou encore quelqu'un qui a entendu parler de ce que vous faites et qui souhaiterait travailler avec vous...)

C'est bien souvent grâce aux expériences et rencontres passées que l'ont continue de trouver du travail à l'avenir. Cela demande un certain temps si l’on ne part de rien, mais si l'on est ambitieux, sérieux et "professionnel", les choses finissent par se faire d'elles-mêmes.

Il y a aussi une part de hasard parfois, la vie fait que l'on se trouve là au bon moment, ma participation à bons nombres de projets sont déjà parties de musiciens croisés lors d'un festival, d'une discussion avec des techniciens en fin de concerts, d’une « Jam session » ou tout simplement d'un(e) artiste croisé(e) dans la rue.

Quelle serait la journée type d'un musicien indépendant ?

Ce qui fait toute la beauté de ce métier, c’est qu’il n’y a pas de routine parce que chaque journée est différente. En conséquence, il n’y a pas de « journée type ». Ce que je peux dire c’est que les journées commencent très tôt, et finissent bien tard !

Quelle est la place de la scène dans le métier de musicien ?

La scène pour un musicien, c’est un peu comme l’aboutissement concret du flot de travail fournis auparavant (relevés, travail de l’instrument, répétitions et autres préparations diverses…)
Un moment essentiel, car présenter ce que l’on a crée / ce que l’on aime jouer, en public, partager cela… donne tout son sens à ce que l’on fait.

Quelle a été votre expérience la plus marquante, sur scène ?

Il y en a beaucoup… Chaque moment de scène est différent. Je garde des tas d’anecdotes à la fois drôles et bouleversantes, souvent dues aux aléas du direct. Il ne me reste que de bons souvenirs

Comment avez vous développé votre réseau et comment faites vous aujourd'hui pour l'entretenir et faire parler de vous ?

Quand on n’a pas de « relations », ni de « moyens », il suffit de travailler sans compter et de se montrer patient. Avoir soif de toute collaboration artistique, être ouvert bien sûr, élément indispensable pour s’intéresser aux autres et donc aux divers projets qu’on est susceptibles d’intégrer.
La construction d’un réseau passe tant par la pratique instrumentale, que par tout ce que notre métier engendre… comme la communication par exemple. Savoir « se vendre » sans pour autant paraître prétentieux, ou encore travailler son « visuel », ce qui n’est pas chose facile mais qui fait aussi partie des réalités de ce milieu, surtout quand on est une femme !
Il faut également s’improviser designer pour façonner comme on le peut une carte de visite ou un curriculum vitae, webmaster pour la création de pages internet (bien qu’aujourd’hui des sites comme Myspace, Noomiz ou encore Mupiz nous facile la tâche, bien heureusement) En bref, se « débrouiller » comme on peut pour parvenir à peu près à tout faire tout seul, car au début, nous sommes bien souvent seul.

Lorsqu’on arrive à faire parler de soi, grâce à ce travail global acharné et aux expériences que l’on vit, une réputation suit. Et c’est ainsi que l’on rencontre d’autres gens, et encore d’autres gens, et encore encore d’autres personnes… Et que l’on commence à se faire un nom dans le milieu. C’est un véritable effet « boule de neige » par la suite.

Vous fixez vous des objectifs ?

Toujours lorsque je parviens à faire aboutir un projet qui me tient à cœur, une nouvelle envie nait peu après, et cela repart pour de nouvelles aventures.

Les remises en question sont aussi sources de buts à atteindre, et comme on le sait, on a toujours à apprendre même après 60 ans de carrière dans ce métier, la musique est une ressource infinie, il faut en avoir conscience et ne pas avoir peur de se projeter toujours plus loin.

Quels sont après les artistes qui vous inspirent et qui marquent votre personnalité musicale ?

Il y en a pas mal… et d’univers bien différents. Je vais citer plusieurs guitaristes dont je raffole : David Gilmour, Brian Setzer, Jeff Beck, Mark Knopfler, Stevie Ray Vaughan, Bireli Lagrène, Neil Young, Cliff Galup, Jonny Greenwood , Martin Taylor, Ali Farka Touré… Sans oublier Jimi Hendrix, et tellement d’autres !

Quel est votre avis sur la scène musicale aujourd'hui, française et internationale ?

J’ai un avis mitigé, car je trouve « triste », pour ne pas dire pathétique, ce que les majors nous proposent à travers les médias aujourd’hui. Il y a pourtant tellement de talents, de choses qui émergent et se passent artistiquement parlant, hors antenne, actuellement sur scène tant qu’en studio, dans tous les pays du monde, qui mériteraient d’être entendues.
Les artistes n’ont guère d’autres choix que de suivre le mouvement dominant, ou pas, mais dans ce cas, on ne les diffuse pas.

Comment ressentez vous la place du musicien dans la société ? Est-il « prit au sérieux » ?

Dans un pays comme la France, c’est plutôt quitte ou double. En exagérant le trait, un musicien peut-être pris au sérieux dans notre société que lorsqu’il joue avec Johnny Hallyday. A notre grand regret.

Pour finir, avez vous une anecdote à nous faire partager ?

Ce serait plutôt une anecdote redondante …que je prends à la rigolade aujourd’hui !

Nous sommes en 2011, et les clichés du genre « une fille à la guitare, laissez-moi rire », ou d’un autre genre « ah vous êtes dans la musique, vous chantez alors ? » (les filles ne savent pas jouer d’un instrument, c’est bien connu, elles chantent exclusivement)

Combien de fois cela m’est arrivé de ne pas avoir de puissance sonore en façade lorsque je faisais un solo de guitare, alors que l’autre guitariste (un homme, qui jouait la rythmique à ce moment là) était mixé si fort qu’il recouvrait tous les instruments… !

C’est un fait, une idée reçue perpétuelle, lorsqu’un homme et une femme ont chacun une guitare et jouent ensemble sur scène, c’est forcément l’homme qui est lead.

Je pense parler pour toutes les musiciennes qui liront cet article, et qui en riront Mesdemoiselles, ne vous laissez pas faire, nous sommes des femmes, nous devons nous imposer doublement pour nous faire entendre dans ce métier, et ce milieu ! Et bien souvent, lorsqu’on nous entend enfin, les hommes reviennent sur leur jugement (Ils ne sont pas tant de mauvaise foi), et ne sont qu’agréablement surpris de ce que nous sommes capables de faire ! L’happy end est donc redondante elle-aussi



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