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 Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio

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Lys
La Tartine


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MessageSujet: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Sam 15 Déc - 17:45


Originaire d’Italie, Romeo Castellucci est un metteur en scène connu pour se détacher des images et pour donner à ses spectacles une dimension de suspend. Ainsi, c’est un théâtre détaché de la littérature que Castellucci nous propose : « L’image devient un texte », dit-il. Internationalement reconnu, les critiques ne manquent jamais de faire parler de lui. Auteur et metteur en scène, il se distingue à chacune de ses nouvelles créations, avec par exemple la trilogie Inferno, Purgatorio, Paradiso, nommé en 2010 comme l’un des dix évènements culturels qui marquèrent les années 2000. En 2011, il crée Sul concetto di volto nel figlio di dio, un spectacle sans pratiquement pas de texte, mais où le visage du Christ domine au lointain, et sous le regard duquel se déroule un drame, comme c’est le cas dans la plupart des œuvres de Castellucci. Dans cette nouvelle œuvre, il est question d’un fils qui s’occupe de son père atteint de dysenterie. Scène qui enchaîne avec une lapidation du portrait du Christ par des enfants et une totale destruction de la toile. Une pièce forte, marqué par un symbolisme omniprésent, qui révèle la déchéance de l’Homme et la violence innocente crée par un besoin de considération. Des réflexions menées sous la présence constante du Christ et de son Père.


La pièce est marquée par une gradation dans le symbolisme. En effet, le metteur en scène confronte tout d’abord le spectateur à un univers hyperréaliste où peu d’images semblent être présentes. Puis, progressivement, il l’entraîne vers un univers totalement métaphorique, le laissant face à face à son sens de l’interprétation. Faire confiance au public, c’est un principe de Castellucci. Et il ne se contente pas de le faire comprendre en utilisant une scénographie symbolique : au lointain est accrochée une immense toile d’environ huit mètres de haut et de largeur, sur laquelle est représenté le visage du Christ, détail du fameux tableau Salvator Mundi (Le sauveur du monde, 1465) signé Antonello de Messine.
Seul le visage est visible. C’est un visage rond, entouré d’une chevelure brune et des yeux proéminent, de sorte que le regard du Christ capte toute l’attention. Il y a quelque chose d’humain et de rassurant dans cette représentation, et cela a un effet surprenant : pour une fois, le Christ n’est pas peint en souffrance. Mais que regarde-t-il au juste ? Il regarde le public, comme s’il perçait chacun des spectateurs. Le spectateur n’est plus le seul à observer, il est lui-même observé, pendant que se déroule l’insoutenable sous le visage du Christ. Ce regard presque dérangeant par son insistance interroge chaque spectateur, et le pousse à interpréter ce qu’il voit. Castellucci donne donc la liberté d’interprétation, mais il semble l’imposer. Le metteur en scène expliquera par la suite : « Je n’impose rien du tout. Mais entre acteur et spectateurs, il y a une sorte de coupure, au milieu de laquelle il se passe quelque chose. L’image rassemble les deux, tout discours devient possible. En fait, tout est possible. C’est une liberté dangereuse et difficile ». S’il n’impose rien, le spectateur n’est-il pas poussé par sa conscience et par la scénographie à devenir actif ?
Outre le visage du Christ, la scénographie a une présence tout à fait captivante. Au centre du plancher noir typique aux scènes de théâtre, s’étend comme une immense bâche blanche rectangulaire. Sur cette espace sont délimités trois espaces : côté jardin, un tapis blanc sur lequel sont entreposés une télé dos au public, une table basse, un canapé. Tout est blanc, sauf la plante verte à côté du canapé qui, au final, se noie dans cette blancheur impeccable. Au centre, des médicaments posés sur une table carrée, autour de laquelle se trouvent deux chaises. Enfin, côté cours, un lit d’hôpital, parfaitement blanc et bien fait, à côté duquel se tient une table de nuit avec un jerricane remplie d’une substance brunâtre. Derrière le lit, un pan blanc, carré, qui s’élève à deux mètres de haut seulement. C’est donc un décor épuré, d’un blanc clinique et immaculé. Tellement immaculé d’ailleurs, que l’on a du mal à croire en un univers hyperréaliste : est-ce un univers réel ? Est-ce un hôpital ou un paradis ? Le spectateur s’interroge sous le regard du Christ.

Ces questions reposent cependant sur un aspect exclusivement primaire : les réflexions qu’apportent les métaphores apparaissent au fur et à mesure de la pièce. La première crise de dysenterie se déroule côté jardin, là où un maximum d’éléments scénographiques sont présents. La seconde crise se passe au centre, près de la table. La troisième et dernière se situe côté cours. Rien que ce déplacement suggère des mouvements très symbolique : on pense au Chemin de Croix, où Jésus, portant la croix sur laquelle il allait être crucifié, tomba trois fois. Ce n’est donc pas un hasard si ces déplacements suivent un ordre de cheminement et qu’il y a trois crises où le père, finalement, subit un véritable affaiblissement de sa personne. Lorsque le père asperge le lit consciencieusement du contenu du jerricane que l’on reconnait comme étant des excréments liquides, nous somme à la frontière de la métaphore car ce que le geste suggère est beaucoup plus fort que le geste en lui-même. Castellucci confirme : « Les excréments dont le vieux père incontinent se souille ne sont que la métaphore du martyre humain comme condition ultime et réelle. Le visage du Christ illumine tout ceci par la puissance de son regard et interroge chaque spectateur en profondeur ». Ce geste marque la déchéance de l’Homme, c’est un geste de désespoir et de dernière liberté dans la mesure où il est fait délibérément. Outre cela, la disparition du réalisme et la mise en place totale du métaphorique est suggérer par le fait qu’après la première partie du spectacle, tous les éléments scéniques sont enlevés, sauf le lit. Or, le lit, fin de parcours, et bien le point culminant du symbolisme (du moins dans cette première partie). Il ne reste plus que la métaphore, le réel a cessé d’être aperçu, donc d’être. Le symbolisme apparaît ensuite dans la perte de tout repères temporel et spatial. Si l’on sait un peu près où l’on se trouve durant la première partie du spectacle et que les actions s’enchainent selon le temps réel, la scène de lynchage est hors de tout repère : nous ne savons pas où la scène se passe, ni quand. Il n’y a plus de fil directeur, plus d’histoire, juste des faits. C’est une gradation descendante vers le symbolisme. L’apogée est atteinte à la fin, lorsque la toile, déchirée, laisse apparaitre les mots suivant : « You are (not) my Shepherd ». Le choix ou non de la négation permet à elle seule de changer toute la signification de la phrase et du spectacle. Castellucci a mis de la distance entre un quelconque parti pris et sa propre personne. Il laisse le public interpréter selon ses propres expériences de vie. Il ne laisse cependant pas le choix quant au fait que le spectateur assiste à la déchéance du monde et de l’Homme et à un appel à l’aide.


« Ce spectacle est une réflexion sur la déchéance de la beauté, sur le mystère de la fin », dit Castellucci. Nous avons vu en quoi, par la métaphore, il consiste en une réflexion. La déchéance, elle apparait dans plusieurs éléments. Tout d’abord, dans l’univers de l’acteur. En première partie, ils sont deux : Gianni Plazzi dans le rôle du père et Sergio Scarlatella dans le rôle du fils. Leurs costumes ne sont pas des costumes à proprement parler : un peignoir blanc, des couches et un tablier d’hôpital pour le père, un costar noir, une chemise blanche et une cravate pour le fils. Castellucci a choisi un acteur d’environ quatre-vingt-cinq ans pour le père et un acteur d’environ quarante ans pour le fils. Ils sont dans des apparats on ne peut plus banal, ce qui inscrit donc ces éléments dans l’hyperréalisme fut précédemment dans le décor. Tout d’apparente d’ailleurs au réalisme : les gestes sont vrais, directs, suffisants. Les voix ne sont pas exagérées, les contacts entre les deux acteurs sont vraisemblables.
C’est donc tout un code de jeu et tout un physique qui s’inscrit dans du réalisme, voir même dans du naturalisme si on intègre les faits et gestes des comédiens. C’est joué avec exactitude, le quatrième mur est présent, le spectateur assiste comme à une scène de vie tout à fait plausible. Et c’est ce réalisme qui introduit entre autre la déchéance, qui amène le spectateur à s’interroger sur ce qu’il voit, sur ce qu’il se passe. Et cette déchéance, elle commence dans le contact physique auquel se joint la parole. Trois fois Gianni Plazzi est mis à nu, dos au public. Un imitant d’excrément à empli la couche et vient salir le canapé, la chaise, le lit et le sol blanc. Il faut alors nettoyer : Sergio Scarlatella repart comme il était apparu, du côté cours, de derrière le petit panneau blanc. Il revient avec un sceau d’eau et des couches. Il se place à gauche de Gianni Plazzi et nettoie avec on ne peut plus de réalisme, l’acteur au niveau des parties intimes du corps, au moyen d’une éponge jaune. A cela s’ajoute un élément qui relève presque du jamais vu : une odeur d’excrément se répand dans toute la salle. L’acteur mit à nu, c’est tout un symbolisme qui est mis en œuvre : le corps est violé, la liberté est violée, la dignité est violée. Le père gémit, il s’excuse :
« -Pardon…Je suis désolé…Je suis désolé
[…]
-Pardon, je suis désolé
[…] »

Il pleure, son fils est à bout, et ce qui se passe devant les yeux des spectateurs prend une dimension totalement pathétique. Le parallèle est fait : le Christ, par son regard, met à nu le public, le public met à nu les acteurs, les acteurs mettent à nu les personnages, les personnages sont mis à nu par la déchéance humaine, la déchéance est mise à nu par le Christ. Les frontière sont brisées, les métaphores dévoilées : tout n’est qu’un cercle vicieux auquel l’on n’échappe pas, et Castellucci l’a bien compris en divulguant tout le processus par un jeu et une mise en scène qui, pour le coup, est totalement naturaliste.
Survint une coupure. La scène, en dehors du lit sur lequel reste assis Gianni Plazzi, est débarrassée. Dans le noir total, un bruit d’une durée de cinq seconde à peine, retenti inlassablement durant quelques minutes : comme un coup de hache qui part en écho telle une balle en plastique qui rebondit sur du carrelage. Son de la déchéance ? Peut-être. C’est un decrescendo qui revient de manière récurrente, qui pourrait représenter un cercle infini de la vie qui est vouée de par sa mortalité, à la fin.
On quitte la déchéance pour arriver à l’appel à l’aide, à l’innocence de l’humanité et à la révolte. Le premier appel, l’apostrophe, est donné par une voix féminine qui répète encore et encore « Jésus, Jésus, Jésus ». C’est donc bien au Christ que l’on parle. Il devient concrètement central. La scène qui suit marque un changement de la luminosité. Le parterre blanc n’est plus agressif pour l’œil, Gianni Plazzi, assis sur le lit côté cours est dans le noir. Le visage du Christ est illuminé, mais faiblement. Dix enfants, seuls ou en groupe entre peu à peu sur le plateau par le côté jardin. Ils sont vêtus de manière contemporaine, ils portent des sacs à dos remplis de grenades en plastique, qu’ils lancent contre la toile au lointain. Lorsqu’une grenade touche la toile, un bruit d’explosion se fait entendre. En crescendo, une musique religieuse de l’an mille, submerge la salle. Ces enfants, dans leur démarche lente et réfléchie, dans leurs gestes précis, leur regard porté au loin, démontrent un acte réfléchi. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a absolument rien de blasphématoire, car c’est du pur symbolisme. Le spectateur a devant les yeux l’ambivalence même de l’enfant : innocence et force. L’acte de violence est vécu à travers l’innocence. Si Castellucci prend des enfants pour réaliser cette scène, c’est qu’il sait qu’ils sont tels des monarques sur scène, qu’ils sont fascinants. Ils sont comme des fantômes venus d’ailleurs qui ont besoin de force pour avancer dans l’avenir. En dehors du langage (aucune parole n’est prononcée), ils ont cette place d’innocent, parce qu’ils sont toujours maltraités, ils subissent toute la déchéance de la génération précédente. Pour comprendre cette fatalité qui pèse sur l’innocence, il faut prendre en compte l’inspiration de Castellucci pour cette scène : une photographie de Diane Arbus, représentant un enfant défiguré par une « expression ironique de fureur », comme dirait Castellucci.


La question cependant demeure : que justifie cette violence ? La scène suivante répond à cette question. Tous les enfants sont repartis côté jardin, sauf un. Il se place face au public, la tête baissé, les bras le long du corps. La lumière faiblie encore, mais cette fois, toute la scène est plongée dans une lumière assez douce qui permet de distinguer même Gianni Plazzi, assis sur le lit côté cours. Tout se base alors sur une communication non verbale. En même temps, ils vont relever la tête, très doucement, et leur regard va se fixer sur le public, mais pas avec la même bonté que le regard du Christ. Le regard de l’enfant est indirectement envoyé à l’autre personnage : c’est à appel à l’aide. Un acte de violence pour montrer son existence. L’enfant s’en va d’où il est venu, et le symbolisme de la déchéance revient : Gianni Plazzi se lève, s’empare du jerricane, et s’en va vers le lointain, tout en versant le reste des excréments sur le sol blanc. Un contraste intéressant, qui peut-être voudrait dire : « Voilà, voilà ce que j’en fais, de l’humanité. Mon tour est passé, je m’en vais et je laisse des traces répugnante de mon passage ». Une fois la totalité versé, il se retourne, et regarde une dernière fois la trace qu’il a laissé, et s’en va, pour disparaitre derrière le visage du Christ. La lumière, largement assombrie s’éteint totalement. Au final, Gianni Plazza arrive du lointain et repart du lointain, Sergio Scarlatella arrive du côté cours et repart par e côté cours, et les enfants arrivent et repartent du côté jardin. Chacun repart d’où il est venu. Ce déplacement engendre une réflexion sur la fin. Qu’est-ce que finir, finalement ? L’innocence violence qui demande de l’aide peut-elle espérer quoi que ce soit du futur ? Le style épuré, l’aspect clinique de la scène, l’aspect banal des acteurs et le peu de dialogue donne un aspect objectif de l’Homme. On peut y voir un écho au Nouveau Roman, où l’on évolue dans un sentiment d’impuissance et où l’on se demande si tout n’est pas absurde. Là est sans doute le reproche des enfants : peut-on continuer dans cette absurdité ? Mais ces appels ne sont pas envoyés au hasard : ils sont envoyés à l’omniprésence de Dieu et de Jésus.


Dès, la présence démiurgique est présente. Pas seulement par le portrait du Christ, mais par une voix rauque, qui, dans une langue indéfinissable, dit quelque chose à voix basse. L’atmosphère n’en est que plus oppressante. Cet élément semble préfigurer ce qu’il va se passer. C’est une invitation ou une introduction à la réflexion. Castellucci a brisé la frontière entre l’avant-représentation et la représentation. Le théâtre en tant que structure devient le théâtre en tant qu’Art : la vie réel du spectateur, envahie d’image et de communication, est confrontée inévitablement et de face au moment de suspension de la communication, là où « le théâtre réinvente l’art de regarder », comme dirait Castellucci. On prévoit donc qu’une force supérieure va régir le spectacle, et c’est clairement compréhensible lorsque l’on voit le regard du Christ au-dessus de la déchéance du père. Et cela ira même plus loin : il est question d’amour et d’abandon. Le jeu des deux acteurs révèle bien par un rapport entre eux deux uniquement, très proche. Si Jésus aurait dit, lors de sa crucifixion : « Père, pourquoi m’avez-vous abandonné » il est question ici d’un fils qui n’abandonne pas. Lors de la première partie et durant la deuxième crise du père, le fils le nettoie, et, agenouillé à sa gauche, le bras sur son épaule, il y a une pause d’une dizaine de secondes. C’est le soutient du fils pour le père. Ce dernier ne veut pas être abandonné : s’il repend des excréments sur le lit, c’est pour que le fils s’occupe de lui. Le dernier déplacement de Gianni Plazzi se dirige vers le lointain : il disparait derrière le visage du Christ comme si, sans d’autre choix, il s’en remettait à lui après avoir été mis à nu jusqu’à la chair.
Sur quoi, un liquide noir dégouline tout le long de la toile. Est-ce le Christ qui pleure ? Est-ce une autodestruction suite à la découverte d’une déchéance que rien ne pourra éviter ? Castellucci donne une fois de plus une totale liberté au spectateur. Puis, trois hommes habillés en noirs déchirent la toile. La scène prend l’aspect du néant, la musique même semble être le bruit du néant. La surface de la toile devient un abîme, le regard tombe, et le spectateur a une vision à travers ce regard qui paraissait jusqu’à présent impassible : « You are my Shepherd » (Tu es mo berger), ce sont les mots que le public peut lire derrière la toile tombée. Mais Castellucci suppose aussi « You are (not) my Shepherd ». Nouvelle liberté accordée au spectateur. Le visage du Christ est projeté encore contre la paroi noire, comme si, de fin, justement, il n’y en avait pas.

Le parti pris de Castellucci, c’est donc celui de la réflexion du spectateur. On ne peut dire que cette pièce donne une vision pessimiste de l’humanité, ni une vision optimiste. Elle présente un fait, avec de nombreuses métaphores, pour faire réfléchir le spectateur. Peut-être après tout, que c’est cela que veut Castellucci : la raison pour vaincre l’absurdité. S’il laisse le champ libre à son public, c’est pour que le public s’ouvre lui-même. Chacun est mis à nu dans sa plus intime profondeur, car le Christ et Dieu, qui relève de l’Inconnu, touchent de manière spécifique chaque spectateur selon son expérience de vie. C’est donc une lutte contre les images absurdes de notre société, que par un hyperréalisme métaphorique où la scène est un langage à elle seule, Roméo Castellucci s’engage.
Une pièce très forte, inoubliable, de l’ordre de l’insoutenable. Elle offre une toute autre manière d’envisager le théâtre : ici, il n’est plus question de jeu, mais de réflexions profondes, ce que peu de pièces offrent à cause de frontières non brisée. Même sans être chrétienne ou autre, la scène de lapidation est bouleversante. La compassion ressentie pour le père et le fils est sans limite. Peut-être le fils est-il un peu Jésus, et le père un peu Dieu. Un parallèle pourrait se faire. Si l’on conçoit cette hypothèse, une question vient immédiatement à l’esprit : jusqu’où le pouvoir de création va-t-il?

Critique réalisée par Lys, le 22 novembre 2012
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feannor
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Sam 15 Déc - 22:39

Ah, je l'attendais celui-là ! Mais toi, personnellement hors, subjectivement, t'a senti quoi ?

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Lys
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Dim 16 Déc - 17:03

Mmm....c'est dur de dire ce que l'on ressent personnellement, surtout pour cette pièce. en fait, je savais que ça allait être émotionnel, mais pas à ce point. Quelqu'un m'avait dit que cette pièce était très cathartique. Je n'irais pas dire le contraire, mais...en fait, c'est assez particulier. J'ai pleuré durant la première et la dernière partie de la pièce. Presque tout le temps quoi. Le père me faisait tellement mal au coeur, c'était horrible! Les acteurs ont un force tellement réaliste, je me disais: "C'est pas possible!" Et puis, durant la secode partie, c'est assez étrange ce que j'ai ressenti. Je n'ai jamais été sensible aux sujets qui touchent la religion, surtout le christianisme, à vrai dire, je n'ai que des mauvais souvenirs suite aux quelques heures de catholicisme que j'ai pu avoir en primaire (et ou je faisait semblant de réciter la pirère hahaha!). Et là, j'étais totalement destabilisée par la figure du Christ. Enferme quelqu'un dans un pièce avec cette image devant lui, au bout de quelques jours, il est un fou illuminé. La comparaison que je vais faire va peut-être surprendre, mais en voyant le Christ se faire lyncher, j'étais dans le même état hypnotique que quand j'ai vu ça:
J'avais vu cette video quand je devais avoir...11 ou 12ans. La musique m'avait totalement bouleversée (à l'époque, je ne connaissais pas encore Requiem For A Dream). La, avec le Christ, c'était mille fois plus fort. Totalement hypnotisée, je ne sentais plus mon corps, je ne sais si j'étais droite ou affalée sur mon siège. Je sais juste que j'avais les yeux grands ouverts, incappable d'avaler ma salive. Oui, hypnotisée est le bon mot. Quand la tension est retombée, j'avais envie de me lever et d'hurler. Mais j'ai vite été réabattue par la scène finale. A la fin, toute force m'avait quittée, c'était horrible. Je n'arrivais meme plus à me lever!!! En prenant le tram pour rentrer chez moi, j'avais le sentiment de flotter, et je n'ai presque pas dormis de la nuit.
Est-ce que ça a été cathartique? J'en doute. Ca à plus semée le touble qu'autre chose, et cette pièce est restée en moi avec violence pendant une semaine. Une semaine après l'avoir vu, j'ai senti tout d'un coup ce que j'avais ressenti pendant la pièce et...j'ai pleuré. Et depuis, j'ai pris du recul. Mais je trouve impressionnant de voir la violence de cette pièce. Castellucci a fait un travail extraordinaire. Vraiment. C'est court, intense, horrible et magnifique à la fois. Bref, c'est FOU!
Et toi, qu'en as tu pensé?
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feannor
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Lun 17 Déc - 12:07

Premièrement j’étais choquer (très positivement évidemment) de la façon dont il par d'une situation très concrète, celle du père vers quelque chose de plus en plus abstrait comme le témoigne en premier temps le décalage vers la droite ou ça devient moi réaliste et puis la disparition totale de "concrétisation" avec le lancé de bombe.
Le sentiment était tellement présent qu'il m'écrasait presque sur mon siège et me forçais à aller au fond de mon cœur. Mais j'ai pas trouver "troublant" la pièce, ni déstabilisé, pas autant que l'autre pièce par exemple, mais c’étaient ces sentiments si fort de pessimisme mais aussi de révolte et de résignation, de pitié et compassion et bien d'autres forces du cœur qui m’attrapaient au cou.
De religion rien ressentis de cette part, mais cette figure du Christ si indifférente presque, si neutre mais au fond aussi si impuissante m'a beaucoup toucher. Il te fixait, tu ne pouvais pas te détourner de son regard, même Big Brother n'aurait pas pu être aussi ainsi... Et le tension restait même plus tard, lorsque je rentrait à vélo environ 2h après la fin du spectacle, l'image me restait fixer devant moi entrain de me regarder comme venant d'une autre dimension "supérieure".
Oui c'était un tel concentré (même 1 litre de sirop dilué dans une goutte d'eau serait moins concentré.) que le temps de tout digérer cela prenait plusieurs heures, voir jours.
Je me demandais suis-je vraiment seul au monde, abandonné comme ce pauvre père ? La figure du Christ représentais un "espoir", mais un espoir qui n'agissait pas, qui n'intervenait pas et qui au font ne permettait pas un changement de la condition. Et alors on lui en voulait à cette espoir ( qui est peut-être en nous ?), on lui en voulait au point de vouloir le frapper (frapper intérieurement) avec toute la rage et le désespoir qu'on avait. Et là c'étaient les grenade, la guerre, la misère, la mort et donc le désespoir même, mais pas le mal ni le crime. Mais on pouvait frapper autant qu'on voulait, avec n'importe quelle force, le visage ne changeait pas, ne réagissait pas, et on se fatiguait, et sortait de la scène (intérieure).
Et a ce moment la résignation nous prend, le visage est mit à nu, et on peut rapidement voir " You are (not) my Shepherd" qui peut expliquer comme une très grande distance, un géant écart entre nous, entre soi et les autres, ou encore entre la réalité et l'espoir.
Oui le spectacle était mit sous haute pression, en un temps plutôt court, y a une musique des images, des actions si fortes qu'on peut en resté bouleversé pour un long moment, voir à vie.

La musique de Requiem for a Dream est plutôt forte, mais elle a cette forme de répétition, utilisé dans n'importe quelle situation (la première fois que je l'ai entendu, c'était dans une vidéos qui montrait un massacre perpétué par l'armée américaine).
Il y a aussi cette musique, qui dans son contexte est très forte aussi, et j'y ai pensé durant la représentation:


Enfin le 11/09/2001, j'en ai rien a foutre, peut-être même je le fêterais comme un jour heureux (non comme même pas, mais presque...) et puis rectification, 3 tours se sont effondrées pas deux. Et on a les preuves que le gouvernement avait prévus un attentas similaire, donc ils avaient plutôt à faire le boulot que passer leurs vacances au Texas. Ti sei fatto la bua, e colpa tua comme on dit en Italiens( tu t'es blessé, c'est ta faute!)

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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Lun 17 Déc - 18:34

Oui, après, il n'est pas question du 11/09 en particulier, juste de la musique sur ces images qui à l'époque m'avait marquée.
Je trouve étrange que cette pièce t'es fait peser à la video que tu postes. Comme quoi, chacun recoit un spectacle d'une différente manière, ou plutot le percois d'une maière différente, parce que je pense qu'on a tous été submergé par la force de cette pièce, d'une manière ou d'une autre et pour une raison ou une autre.
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Lun 17 Déc - 18:51

Absolument, c'était très personnel. La musique mit dans son contexte à un effet bien plus fort que Requiem for a Dream. Oui l’expérience à compter beaucoup lors de la pièce.

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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Lun 17 Déc - 18:53

O. C'est pour ça que j'ai galéré à écrire un truc sur cette pièce, parce qu'il fallait rester le plus objectif possible...
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feannor
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Lun 17 Déc - 19:05

Respect total, et voici encore une bonne raison d'aller en S.

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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Lun 17 Déc - 19:22

Hahaha! Nan, jamais de la vie! Même si j'en souffre de nombreuses heures nocturnes, j'aime la L théâtre!
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feannor
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Mar 18 Déc - 7:53

Ohhh les nuits blanches, tu les a même en S, avec SVT surtout..... Même en français je rédige moins !

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MessageSujet: un voisin invisible très angoissant   Mar 18 Déc - 21:32

Toc! toc! toc!... Bonsoir; j'ai entendu votre conversation et je me permet d'intervenir: pour en revenir à la pièce, je pense que tout ce qui pouvait être dit a été dit (donc pas grand chose). J'aurais juste une question à vous poser: qui d'entre vous avait un siège vide à côté de lui pendant la représentation? C'est très... Particulier. Je vous laisse imaginer.
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Lys
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Mer 19 Déc - 19:16

Hahaha! J'aurais trop flippé, j'aurais trop imaginé qu'il y aurait quelqu'un à côté..brrr, ça me donne des frissons!
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feannor
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Jeu 20 Déc - 11:19

Je ne sais pas vraiment quel effet ça aurait fait.... Car durant une pièce souvent (pas toujours) mais celle-ci plus qu'une autre, je ne sentais plus le reste du publique, y avait moi seul devant le spectacle. J'étais comme isoler du reste du monde, dans une autre dimension....

___________________________________________________
Drink from the fountain of your poisoned dream
Bled from your machine
Choke on the spirits that you tried to eat
Now on you they feed

You build the part, now you play it
We become the master, drown in all the laughter
Law from below, now you obey it
Death comes never faster, this is the disaster
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Lys
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Ven 21 Déc - 16:03

Oui, comme pour beaucoup de monde je suis pose, le plein est vide, mais le vide est rarement oublié par la conscience, justement parce qu'il n'est pas rempli et qu'en plus, y a ce visage qui te regarde...
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Cami-figue mi-raisin
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Jeu 3 Jan - 22:07

Cette pièce ne m'a pas marquée plus que ça, le visage si bien sûr, et puis la réflexion entraînée sur le basculement de la relation parent-enfant est très belle, dure et intéressante à avoir, mais c'est vrai que je n'ai pas été marquée émotionellement.
Esthétiquement oui bien sûr, c'était vraiment super intéressant, et puis le visage de jésus là... impressionnant. (mais le tableau original ne m'aurait par contre absolument pas attirée, le travail de recadrage qui est fait donne bcp plus de puissance je trouve que le tableau original, où jésus est presque gros, avec des longs cheveux pas très attirants, des mains potelées etc.)
Ce que je peux ajouter à ce que vous avez dit, c'est que j'ai ri à certains moments, notamment lorsque le père vide la jerrican sur le lit. J'ai trouvé ça drôle et absurde en fait, au delà du message terrible qui est délivré au travers de la pièce (enfin je dis message terrible mais je sais pas si c'est si terrible que ça, enfin on nous met face à notre destin quoi, ce qui n'est pas très agréable mais bon) (ce que je dis dans ces lignes sont des embryons d'idées, je pourrais développer, là il y a de quoi critiquer ce que je dis mais pardonnez moi je veux pas m'étendre trop non plus) donc oui ça m'a fait rire parce que ça devient grotesque mais pas dans le sens péjoratif du mot. Après la jerrican je me suis dit "allez, après il vont verser ce liquide depuis les cintres en une cascade de caca sur le père, qui giclerait sur le fils pour rappeler que lui aussi ça lui arrivera"etc, mais ils ont respecté la sensibilité du public et se sont arrêtés là (enfin "ils" c'est Romeo), ce qui n'est pas mal non plus. Mais en tout cas je pense enfin pour moi il y a eu un potentiel comique également dans cette pièce (enfin "comique", pesons nos mots, mais vous voyez peut-être ce que je veux dire, même si vous ne l'avez pas forcément ressenti), dans ce rapport père-fils, avec ce pauvre fils débordé qui va et viens.
Vous trouvez peut-être ça dégueulasse, de me lire dire ça mais bon voilà j'ai ressenti ça en tout cas, et je crois pas que ça ait été nerveux etc.
Bon autrement il y a encore des milliers de choses à dire sur ce spectacle mais je vais me limiter à cette contribution pour ce sujet, je suis en pleine exploration de tous les topics Smile



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Lys
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MessageSujet: Re: Sul Concetto Di Volto Nel Figlio Di Dio    Ven 4 Jan - 10:32

Tiens, c'est drôle que tu ais rigolé, en fait. J'aurais jamais pensé qu'on puisse rigoler en voyant cette pièce. Moi, ça me fait plutot chialer. En fait, pendant le spectacle, il y a une dame qui arrêtait pas de se marrer, et j'aurais pu lui faire bouffer son siège. Mais bon, vous ne rigoliez sûrement pas pour les même raisons,: toi, tu rigolez pas comme une cruche parce que "tiens! il a encore une crise! Hahaha, que c'est drôle!". Mais tout de même, je 'ai pas vu le "grotesque", dans l'acte du père. En fait, je n'ai rien trouvé de grotesque dans cette pièce. Comme quoi, le théâtre nous touche toujours d'une manière particulière, selon chacun! Wink
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