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 AnarkiA

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AuteurMessage
Lys
La Tartine


Messages : 247
Féminin

MessageSujet: AnarkiA   Sam 18 Aoû - 10:54

AnarkiA: Photographe et Modèle Professionnelle

Propos recueillis par Lys-Entretien réalisé par e-mail le 20 mais 2011



Jeune photographe et modèle professionnelle, Anarkia est une artiste qui a su toucher l'attention des personnes qui se sont aventurées dans son art. Par une diversité -autant artistique qu'expressive- elle entraîne sans mal le regard épanoui de tout être.
On retrouve dans ses photographies une simplicité belle et forte, qui nous donne bien le sentiment que toute sa création par d'une passion et d'une sincérité artistique.

Anarkia a acquit une très belle expérience: celle de l'observation. Après plusieurs années à poser ou à photographier en amateur, elle se lance dans sa propre entreprise de photographie, sous un statut professionnel, et ce, à juste titre.



Aujourd'hui, elle se livre à nous pour ces quelques questions...



- A partir de quand vous êtes vous découverte cette passion pour la photographie ?
A vrai dire la photo est plutôt venue sur le tard par rapport au reste. Gamine, je m’intéressais bien plus à la musique et à la peinture. J'ai commencé à découvrir la photo au sens artistique du terme en 2004 quand un ami m'a fait découvrir les Suicide Girl et Lithium Picnic (http://lithiumpicnic.com/). J'étais fascinée par ces physiques incroyables, et cette mise en scène si particulière. Etant à l'époque assez renfermée et pas très jolie, je n'ai fais qu'observer en silence plusieurs mois, avant de changer radicalement d'aspect à la rencontre de l'homme qui partage ma vie aujourd'hui, en 2005, ou l'idée de recréer ces univers m'a traversé l'esprit. J'ai commencé à poser début 2005 seule (en auto portrait) puis sous son objectif (mais sous mes commandes *rire*)





Anarkia par Ludovic Florent


-L’Art doit avoir une place primordiale dans votre vie de tous les jours…

L'art fait énormément partie de ma vie c'est vrai, d'ailleurs pour moi tout est une question d'art, de l'art culinaire à l'art de la manipulation des esprits par les médias. Néanmoins pour parler Art au sens premier, il fait moins partie de ma vie que je le voudrai. La photo est toujours présente, presque à chaque heure j'ai de nouvelles idées, je me renseigne sur mon travail, je cherche du matériel, je discute avec des amis issus du milieu...mais la peinture, le dessin, l'écriture n'apparaissent plus que par bribes dans mon quotidien, et je le regrette.

-Vous êtes en constante recherche de profondeur. Ce but est donc pour vous une quête quotidienne ?

Constante recherche de profondeur, même si il est vrai, j'ai dis ça un jour, je me rends compte que ce terme est un peu pompeux, "pédant" comme j'ai entendu récemment et j'aime ce mot. Il faudrait définir la profondeur avant de proclamer la rechercher et je ne pense pas avoir les compétences pour cela. En tout cas je suis en recherche d'une certaine forme de profondeur dans le sens ou j'aime l'humain, avec ses failles et ses qualités, je ne recherche pas qu'à produire du beau, le but est avant tout de produire de l’émotion, même si encore une fois, les termes sont pédants *rire*

-Vous entretenez un fort contact avec la scène Alternative. Quelle place lui octroyez-vous dans votre Art ou durant votre temps libre ?

J'entretenais est plus exact. Je ne suis plus aussi proche de la scène alternative que je le voudrai. Cherchant des clients pour photographier mariage et baptême, je me suis retirée de mes influences underground pour ne pas choquer. On m'a souvent signifié que c'était peut être une erreur, le photographe étant demandé pour son originalité et non pas pour sa conformité. Malgré cela, je me suis forcée à photographier des modèles dans un style plus soft et glamour, que j'affectionne maintenant beaucoup. Néanmoins le but de ma carrière serait de me réorienter vers une forme d'alternatif pour marcher sur le pas de mes mentors qui n'ont pas eu froid au yeux, et évidemment, cela à payé.






Anarkia par Ludovic Florent


-Etre devant l’appareil photo ou être derrière, doivent être deux expériences différentes. Quels sont, selon vous, les sentiments que l’on perçoit lorsqu’on se trouve d’un côté ou d’un autre de l’appareil ?

J'avais un peu cessé le modelling, durant deux ou trois mois, suite à la création de mon entreprise. Je l'ai repris récemment et il est évident que cela me permet de reprendre immédiatement confiance en moi, d'être soulagée de la technique photographique, de pouvoir être juste belle et présente pendant quelques instant, c'est un grand bonheur de me retrouver avec les attentes d'un autre et plus sous mes propres directives. Mais quand je photographie, je suis entrainée par l'envie de m'améliorer, de créer des liens avec mon modèle, de me dépasser et d'illustrer mes idées, c'est tout aussi enrichissant.

-Vous êtes à la fois photographe et modèle. Que vous a apporté cette complémentarité ?

J'ai eu l'occasion de travailler avec quelques photographes au courant de ma profession qui n'ont pas hésité à me demandé conseil, technique ou artistique pendant les séances de modelling. A l'inverse en tant que photographe, je sais me mettre à la place de mes modèles pendant les longues séances, j'arrive à mon sens à mieux les diriger et je vois les petits défauts de position que j'ai appris à remarquer en tant que modèle.





Anarkia par Laurent Flores




-Lors et autour des séances photos, quels rapports entretenez-vous avec les photographes ou les modèles ?

Avec les photographes, toujours un bon contact. Je n'ai qu'un homme dans ma vie depuis 6ans, et les photographes m'apportent un autre oeil masculin (étant presque tous des hommes) et un point de vue différent sur ma vie. N'ayant aucun autre modèle (dans le sens d'exemple) masculin dans ma quotidien à part celui de mon homme, j'entretiens toujours de très bon contact avec eux, ils me permettent même en dehors des séances de bénéficier de conseils "terre à terre" et logiques, j'en ai grand besoin étant une personne qui a tendance à se disperser. Pour les modèles, je n'ai eu que de rares mauvaises expériences, mon but étant de faire passer au modèle un agréable moment en ma compagnie. J'ai, tissé des liens d'amitié avec certaines, comme avec certains photographes fantastiques.

-Vous avez déjà travaillé avec de nombreux photographes et modèles. Retrouvez-vous une diversité enrichissante avec chacun d’entre eux ?

Bien sur. J'ai tendance à choisir les photographes et les modèles avec qui je travail par soucis de complémentarité artistique. Mais chacun d'entre eux à sa vision des choses. Je cite souvent Ludovic Florent comme étant un exemple de technicité et de créativité. Ce photographe messin est l'un de ceux m'ayant donné le plus confiance en moi de par la qualité de son travail et sa sympathie. J'avoue avoir plus tendance à trouver de l'enrichissement dans mes séances de modelling, les idées ne venant pas toutes de moi. Jean François H ou Patrick Gaillard par exemple, m'ayant laissé pour impression une complémentarité parfaite entre eux et moi. Pour la photographie, je suis ouverte à toutes les idées mais ayant un fil conducteur dans la tête, les modèles osent moins donner leur avis sur la question je pense.





Anarkia par Patrick Gaillard




-Y a-t’il des personnes avec lesquelles vous aimeriez particulièrement travailler ?

Oui il y en a. Dans mon esprit, si je les cites et quelles tombaient sur cette interview, elles se diraient "dans tes rêves !", j'aurai donc honte de vous les citer. Il en existe certaines chez les modèles mais je suis encore plus ouverte aux inconnus croisés par hasard qui donnent des résultats surprenant. Néanmoins si Seraphine Strange ou Scarlett River me réclamais je n'irai pas leur fermer la porte au nez ! *rire*

-Très vite, vous avez été sollicitée par diverses enseignes. Comment avez-vous vécu ou perçu ce passage du photographe/modèle « amateur » au « professionnel » ?

Je vais paraître très imbue de moi même et vous m'excuserai mais pour moi c'était normal. Je me suis donnée des objectifs de carrière, et a chaque fois que j'en remplie un, j'en ai un nouveau à l'esprit. J'aurai eu très peur de ne pas évoluer.





Anarkia par Nolane




-Vous avez une large connaissance dans la mode. Entreprenez-vous des projets futurs autour de l’esthétisme vestimentaire ?

Je suis passionnée par la haute couture même si très peu de gens le savent. Je lis beaucoup de magazine et l'idée d'ouvrir une boutique m'a travaillé un moment étant plus jeune. Lundi justement je fais des photos pour une petite boutique alternative à Nîmes, Chekpoint, une première experience en magasin pour moi. Mon entourage est prévenu, dans un futur lointain, si celui ci arrive un jour, je serai photographe de mode ou photographe humanitaire.

-Quels sont vos influences ?

Mes influences sont très photographiques et musicales. Je passe des heures sur Deviant art à m'abreuver d'image, ce que mon compagnon ne comprends pas. J'ai besoin d'entretenir ma créativité ou je serais vite en panne d'inspiration. De plus, les idées me viennent plus vite en écoutant de la musique ou en observant ce qui m'entoure. J'aurai du mal à vous citer mes influences car une personne peut me donner un coup de foudre artistique dans la rue et je suis déjà entrain d'imaginer la séance. Un nouveau titre de musique me fais imaginer un monde...Néanmoins, comme je le disais plus haut, je freine beaucoup ma créativité pour essayer d'attirer le client (dit comme ça, ça semble insensé) les idées restent donc généralement dans mon esprit.



Graziella par Anarkia




-Comment transformez ou apprivoisez-vous ces influences pour les intégrer dans une œuvre nouvelle de votre propre création ?

Quand j'y arrive, les idées viennent seule, c'est une succession d'idées généralement. Si Lady Gaga m'inspire, par exemple, je regarde les éléments qui me percutent et j'arrive naturellement à les détourner de son image pour les insérer dans la mienne. Je me connais bien et je sais que si les artistes m'inspirent, ils font écho en moi pour me rappeler une sensibilité déjà existante. Je puise dans mes sentiments pour adapter mes influences.





Svenn par Anarkia





-« L’Art pour le beau, c’est bien, mais l’Art pour le progrès, c’est encore mieux ». C’est ce que pensait Victor Hugo. L’Art pour l’humanité vous semble être un principe que vous appliquez dans vos créations ?

Je respecte Victor Hugo. Vraiment beaucoup. Et si Victor Hugo à mit son art au sein de l'humanité, ce n'est pas mon cas malheureusement. J'ai encore beaucoup de mal à comprendre la terre sur laquelle je vis et même si je sens les gens de plus en plus concernés, je travail avant tout pour produire des émotions. Travailler les questions politiques et religieuse est une grande envie pour moi, mais j'aurai l'impression de provoquer plus que de servir l'humanité. Quand je me serais enfin lancée dans l'humanitaire, la question se reposera sans doute. Pour l'instant je n'ai l'impression de servir que les rares personnes me connaissant, si on considère encore qu'ils ressentent quelque chose devant mes travaux.

-Percevez-vous que la vie et ce qui la constitue de manière particulière derrière votre appareil photo ?

Oui. La vie me fait peur, le futur en particulier. Il semble naturellement moins effrayant derrière mon appareil. Phrase symbolique, ai-je l'impression de le contrôler ou de m'en protéger je ne sais pas. Mais il est évident que je m'approcherai plus facilement d'un gros ours en ayant pour but de le photographier. Vous pouvez transposer cette métaphore pour tout, la mort, la maladie, la vie.

-Depuis quelques années, la « mode » semble être de visiter un musée ou un monument architectural derrière son appareil photo. Qu’en pensez-vous ? Est-ce, d’après vous, un outrage à l’Art de la Photographie et un manque de respect envers le peintre ou l’architecte ?

Je n'irai pas jusque là, mais c'est dommage. Avant de voir derrière son objectif, il faut être sur d'avoir vu avec les yeux, au risque de vivre par procuration. Les gens photographient pour partager, l'intention est donc bonne. Mais la plupart du temps, les photos restent sur l'ordinateur et on ne les regarde jamais. J'ai appris avec mon métier, lors d'une visite par exemple, à m’imprégner avant de prendre en photo. La photo permet de vivre les éléments mais pas forcément en ayant pour but de tout photographier tout le temps. La vie c'est aussi respirer, sentir, voir. Quant à l'outrage à l'art de la photographie, non, la photo n'est pas une élite social, tous le monde à le droit de photographier à outrance, c'est juste dommage d'un point de vue introspectif.





Rena par Anarkia



-Franz Kafka a écrit un jour : «On photographie les objets pour les chassez de son esprit ». Qu’en pensez-vous ?

Oui et non. Comme je le disais plus haut la photo me permet de me protéger du temps qui passe ou de mes craintes, de l'homme et du reste, ce n'est donc pas un moyen de "chasser" quelque chose mais de "mettre une barrière" entre cette chose et moi. De plus, comme je le disais encore une fois dans la question précédente, je cherche à vivre les éléments avant de les capter.

-Y a-t’il une expérience autour de l’Art qui vous marqua particulièrement ?

Toutes les experiences me marquent, mais mes découvertes solitaire de la ville de Paris avec ce qu'elle comporte comme musées, monuments, oeuvres a été très troublante pour moi. Ce fut la même sensation pour Vienne. Je n'ai jamais autant apprécie l'art que seule (cette remarque fera sans doute plaisir à mes proches *rire*). C'est juste une manière de m'en inspirer sans distraction.





Alicia par Anarkia




-Avez-vous des anecdotes à faire partager ?

Oui, je vais me faire incendier mais oui. J'ai tenté de faire découvrir le musée du Louvre à mon compagnon, mais ce fut une expérience que je ne referai pas ! Ayant étudié l'art, je m'attardais sur chaque oeuvre, tentant de déceler les détails oubliés, et lui avançait à une vitesse folle. Nous avons faillit nous perdre et ce fut la visite la plus stressante de ma vie! *rire*


Un grand merci à Anarkia pour cette interview! Retrouvez Anarkia sur http://www.anarkia-photo.fr/







Carole par Anarkia




"Toutes les Photographies présentées sur le présent site sont protégées par les lois du copyright. Elles demeurent la propriété exclusive du Photographe.
Toute copie (même partielle), diffusion et utilisation non autorisées des Photographies entrainera systématiquement des poursuites judiciaires."





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