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 Cent ans de Solitude

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feannor
Patte de Mille-pattes
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MessageSujet: Cent ans de Solitude   Lun 13 Mai - 21:08

Je m'attaque maintenant à un des romans les plus grands et complexes que j'ai lu, selon moi. Ce livre m'a beaucoup plu au point où encore maintenant je pourrais me souvenir de chaque moment où je le lisais.

Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez.

L'auteur, romancier, novelliste mais également journaliste et activiste politique, reçoit en 1982 le prix Nobel de littérature. Affectueusement connu sous le surnom de « Gabo » en Amérique latine, il est l'un des auteurs les plus significatifs du XXe siècle. Depuis l'âge de dix-huit ans, García Márquez voulait écrire un roman centré sur la maison de ses grands-parents, où il a passé son enfance. Toutefois, ne parvenant pas à trouver le ton approprié, il abandonna ce projet jusqu'au jour où il trouva brutalement la solution, alors qu'il conduisait sa famille à Acapulco. Il aurait alors fait demi-tour et ramené sa famille à la maison pour pouvoir commencer à écrire. Pour survivre durant les dix-huit mois que dura l'écriture, il dut vendre sa voiture et son épouse dut acheter le pain et la viande à crédit, accumulant aussi neuf mois de retard de loyer. Cent ans de solitude sort finalement en 1967. Il s'agit du plus grand succès commercial que l'auteur ait connu jusqu'alors.

Le livre n'a pas de structure apparente, aucun chapitre, aucune partie, il doit se lire d'une traite ! Mais dans la trame on peut identifier plusieurs parties, que je vous laisse découvrir !

Maintenant la trame: Cent ans de solitude retrace l'histoire hors du commun d'une famille entière sur bien sept génération, et cela en un seul roman.
Le roman relate l'histoire de la famille Buendia sur six générations, dans le village imaginaire de Macondo. Ce village est fondé par plusieurs familles, conduites par José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, un couple de cousins qui se marièrent, pleins d'appréhension et de craintes dues à leur parenté et au mythe existant dans la région, qui disait que leur descendance pourrait naître avec une queue de cochon. Malgré cela, ils eurent trois enfants : José Arcadio, Aureliano et Amaranta. José Arcadio, le fondateur, est la personne qui dirigera et enquêtera sur les nouveautés qu'apportent les gitans au village, et il terminera sa vie attaché à l'arbre où arrive le fantôme de son ennemi, Prudencio Aguilar avec lequel il dialogue. Ursula est la matriarche de la famille, qui vit durant plus de cent ans, s'occupant de la famille et du foyer.

Le village va peu à peu s’étendre et toute son évolution sera attaché au destin de la famille. D’abord petit village rural de colon, ensuite village agricole puis bananier. Rapidement de première importance dans la région, elle vivra une grande période de décadence jusqu'à devenir une ville fantôme, abandonné de tous.

Beaucoup de thèmes variés sont abordés.En effet, la solitude (comme le nom l’indique) ou l’inceste sont des thèmes omniprésents, même s’ils ne sont pas traités de façon classique : c’est-à-dire que l’auteur ne sort pas à tout instant les violons pour faire pleurer son auditoire. C’est que l’inceste est une pratique courante, et les habitants de Macondo, tout comme le narrateur, ne semblent pas s’en émouvoir plus que cela. Notre système de valeurs et notre vision du bien/du mal est justement mise à mal dans le roman. C’est que la vie du village n’appartient qu’au village. Néanmoins, la fin de Macondo semble sonner comme une certaine critique du système capitaliste et de l’argent.

Tout d’abord la Solitude, qui apparaît même dans le titre et est développé sous toutes ses formes possibles, à travers l’isolement du village, à travers le manque d’amour, à travers l’expérience du pouvoir lorsqu’Arcadio joue au tyran de Macondo, à travers le repli sur soi de Aureliano chef de guerre, et des José Arcadio qui s’enferment dans leur cabinet d’étude etc…
Seule Ursula m’a semblé lutter contre cette solitude, elle qui tenait à toujours laisser la maison grande ouverte, qui utilisait tous ses sens pour ne pas laisser sa cécité l’isoler, qui a tout fait pour combattre le destin et la solitude de ses enfants.
Ce qui m’a le plus frappé, c’est cette absence d’amour. Le style neutre et la prise de distance de l’auteur ôtent au lecteur toute possibilité de ressentir des émotions et en particulier l’amour. On ne ressent aucun amour, ni des parents vers les enfants, ni des couples entre eux, ou alors il reste purement physique et souvent incestueux. Vraiment tout les personnages sont frappé de la solitude, et celui plus que tous: Aureliano Buendia dont la maladresse pour exprimer l'amour fait qu'il s'en va à la guerre en laissant des enfants de mères différentes à divers endroits. À certaines occasions, il demande même que l'on trace un cercle de trois mètres autour de lui pour éviter qu'on l'approche. Aussi, après avoir signé la paix, il se tire une balle dans la poitrine pour ne pas avoir à affronter l'avenir, mais il est tellement malchanceux qu'il se rate et passe sa vieillesse dans le laboratoire d'alchimie à fabriquer des petits poissons en or qu'il défait et refait dans un pacte d'honneur avec la solitude.

Un autre thème abordé: l'inceste: les relations entre parents s'inscrivent dans le mythe de la naissance d'un enfant avec une queue de cochon ; malgré cela, elles sont présentes entre plusieurs membres de la famille et plusieurs générations. L'histoire commence avec une relation entre deux cousins : José Arcadio et Ursula, qui grandirent ensemble dans l'ancien campement, et ont l'exemple de quelques-uns de leurs oncles qui eurent un enfant avec une queue de porc. Postérieurement, José Arcadio (fils du fondateur) se marie avec Rebeca Montiel (fille adoptive), représentation d'une relation entre frères. Aureliano José vit la frustration en tombant amoureux de sa tante Amaranta ; il va jusqu'à la demander en mariage, mais celle-ci refuse. Finalement, il y a la relation entre Amaranta Ursula et son neveu, Aureliano Babilonia, qui ne connaissent pas leur lien de parenté étant donné que Fernanda del Carpio, grand-mère d'Aureliano, lui a caché ses véritables origines.
Cette dernière relation – seule véritable relation d'amour dans le récit – est, paradoxalement, la cause de la disparition de la lignée Buendia, prédite dans les parchemins de Melquiades (gitant qui apparait souvent au début du roman).

Il y a aussi des très nombreuses références biblique, ne serais-ce que à l’apocalypse, ou au mythe de Caïn.l est aussi à noter que la religion peut être conçue comme le lieu de la perdition : c'est en allant se confesser que José Arcadio Le Second apprend l'existence de la zoophilie, et c'est en suivant le sacristain qu'il y est initié.


Vraiment, l'écriture est simple, synthétique, mais complète. Dans Cent ans de solitude, Marquez utilise une technique narrative d'un ton romanesque. Le ton narratif est clairement défini par une troisième personne ou narrateur passif hétérodiégétique (externe au récit), lequel va révéler les événements sans porter de jugement et sans marquer de différence entre le réel et le fantastique. Depuis le début, le narrateur connaît l'histoire et la raconte de manière imperturbable et avec naturel, même dans les passages où sont relatés des faits tragiques. Cette distance face aux faits permet de maintenir l'objectivité du narrateur tout au long de l'ouvrage. Il est très facile donc d'être emporté par le texte, tout en ayant une grande distance par rapport à ce qui nous est raconté.
Le temps, à la fois éternel, linéaire et cyclique, et une prose rythmique proche de la tradition orale, donnent au roman un caractère distinct du mythe caché mais élaborent un style proche du conte ou de la fable allégorique, mêlant l'histoire réelle et l'irrationnel fictif, ce qui a amené les critiques de ce texte à le considérer comme l'une des œuvres fondatrices du courant littéraire plus connu sous le nom de "réalisme magique".

Un conseil avant de vous plongez dans la lecture: prenez une feuille de papier et au fil des pages compléter l'arbre généalogique de la famille ! Moi-même je ne l'ai pas fait, et je ne vous raconte pas quelles difficultés j'ai eu à le lire et suivre tout. Ou sinon recopier directement celui-ci:



Quelques citations:

"Il n'y avait, dans le coeur d'un Buendia, nul mystère qu'elle ne pût pénétrer, dans la mesure où un siècle de cartes et d'expérience lui avait appris que l'histoire de la famille n'était qu'un engrenage d'inévitables répétitions, une roue tournante qui aurait continué à faire des tours jusqu'à l'éternité, n'eût été l'usure progressive et irrémédiable de son axe."

"Mais avant d’arriver au vers final, il avait déjà compris qu’il ne sortirait jamais de cette chambre, car il était dit que la cité des miroirs (ou des mirages) serait rasée par le vent et bannie de la mémoire des hommes à l’instant où Aureliano Babilonia achèverait de déchiffrer les parchemins, et que tout ce qui y était écrit demeurait depuis toujours et resterait à jamais irrépétible, car aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n’était pas donné sur terre de seconde chance."

"Le colonel Aureliano Buendia fut à l'origine de trente-deux soulèvements armés et autant de fois vaincu; De dix-sept femmes différentes, il eut dix-sept enfants mâles qui furent exterminés l'un après l'autre dans la même nuit, alors que l'aîné n'avait pas trente-cinq ans. Il échappa à quatorze attentats, à soixante-trois embuscades et à un peloton d'exécution. "

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MessageSujet: Re: Cent ans de Solitude   Mar 25 Juin - 18:57

Ca à l'air assez horrible comme livre dis-donc! Bon, je l’entamerais un jour, après mes études, promis! Very Happy
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feannor
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MessageSujet: Re: Cent ans de Solitude   Mar 25 Juin - 20:35

Il peut sembler horrible, mais il est extra-ordinaire !! Magique !! Si tu me connaitra encore, et si je serais pas déjà mort, lorsque tu l'aura lu, tu me diras ce que tu en aura pensez s'il-te-plaît ?

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MessageSujet: Re: Cent ans de Solitude   Mer 26 Juin - 9:25

Hahahahaha! Oui! ^^ Je n'y manquerai pas!
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MessageSujet: Re: Cent ans de Solitude   

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